LA RENAISSANCE ET LES JMÉDICIS.
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(Indue d’Anjou. Cet artiste, d’une habileté consom-mée, dit Ghiberti, avait exécuté, pour ce prince, untrès-grand nombre d’ouvrages, entre autres un ré-table en or, très-précieux pour le travail, et mal-heureusement aussi pour la quantité de métal quiy avait été employée. Il y avait nais tout le soin ettoute l’application dont ii était capable; il atteignaitla perfection dans ses œuvres, et il égalait les an-ciens statuaires de la Grèce ; il sculptait les têtesd’une manière merveilleuse, et il n’excellait pasmoins dans le nu. Le seul défaut qu’on pût trouveren lui, c’est que les proportions de ses statues étaientun peu trop courtes.
« J’ai vu, continue Ghiberti, un très-grand nombre« de figures dessinées d’après les siennes, elles« avaient une grâce exquise dans les airs de tête.
« Celui qui les avait faites était en outre un homme« plein de science. Un jour il fut mis à une cruelle« épreuve. Le trésor du duc étant épuisé, il fallut« battre monnaie avec l’or du rétable, auquel le« pauvre sculpteur avait travaillé avec tant d’amour.« Il vit briser son chef-d’œuvre, il vit s’évanouir« tout le fruit de ses fatigues. Alors, se jetant à ge-« noux par terre, et levant les yeux et les mains« vers le ciel : a Seigneur, s’écria-t-il, qui gouvernes« le ciel et la terre, toi qui as ordonné souveraine-" ment toutes choses, ne permets pas que mon igno-« rance aille jusqu'à chercher autre chose que toi,« et regarde-moi dans ta miséricorde. » Aussitôt« après cette prière, il se mit àdistribueraux pauvres