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L ART CHRETIE5.
franchi les limites naturelles de son art, en accu-mulant, dans un petit espace, un si grand nombre defigures et même un si grand nombre d’actions, bienque, dans chaque compartiment, elles appartiennenttoutes au même sujet. Mais quelle critique, exceptéla critique pédantesque, ne serait désarmée en faced’un pareil chef-d’œuvre?Il est vrai que l'étude desmodèles Grecs se fait sentir dans l’élégance desposes et surtout dans le style des draperies ; maison voit que cette ressemblance tient à cette mêmepuissance d’assimilation par laquelle Dante a sus’approprier, sans ombre d’imitation servile, lesbeautés du grand poète sur les traces duquel il sefaisait gloire de marcher. Quant à l’accumulation deplusieurs épisodes d’une même histoire dans leslimites trop étroites de chaque compartiment, cefurent les ordonnateurs de l’ouvrage qui le voulu-rent ainsi et qui chargèrent Léonard l’Arétin dechoisir, entre les divers récits de l’Ancien Testament,ceux qui étaient les plus significatifs et qui étaient enmême temps les plus propres à réjouir l’œil par lavariété du dessin (i). Lors même que l’artiste eûttenu à l’unité de ses compositions autant qu’à leurbeauté, il lui eût été difficile de concilier son propregoût avec celui de ses admirateurs, qui le croyaientfait pour braver toutes les règles.
ri) Le dieci storie délia nuova porta vogliano avéré due cote :V una che stano illuslri, per ben pascere l’occhio con varietà di di-segno \ Valtra che siano significanti. Vasari, vol. II, p. 354.