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1 (1861)
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LA RENAISSANCE ET LES MED [OIS.

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(ihiberti avait dépassé sa soixante-dixième année,quand sa seconde porte, toute resplendissante desa récente dorure, roula enfin sur ses gonds, le16 juin 14^2. Tout un demi-siècle s’était écoulédepuis qu’il avait entrepris cette grande tâche,exemple mémorable de persévérance, non-seulementdans l’artiste, mais dans ses concitoyens, qui lesoutinrent jusqu’au bout par leur enthousiasme.Son œuvre n’avait peut-être pas cette grandeur im-posante que Michel-Ange devait plus tard imprimeraux siennes. Les inspirations de son génie le por-taient plutôt vers les créations pures et suaves quevers les créations grandioses, et les dimensions de laminiature étaient plus de son goût que celles de lagrande sculpture, ce qui tenait sans doute aux habi-tudes qu’il avait contractées dans l’atelier de son pèreBartoluccio. Aussi BenvenutoCellini, juge assez com-pétent en cette matière, dit-il que la manière deGhiberti et le fini de ses ouvrages annonçaient mani-festement l’excellent orfèvre, et que, malgré les gran-des figures qu’il lui arriva d’exécuter, on voit claire-ment que sa vocation était d’en faire de petites (i).

En admettant ce jugement d’un homme qui passe,peut-être à tort, pour avoir excellé dans tous lesgenres de sculpture, on pourra, si l’on veut, re-garder la dernière porte du baptistère comme lefrontispice illuminé d’une bible colossale, encadré,comme le sont souvent les manuscrits du xv e siècle,

(I) Voir l’Introduction à son Traité de l’orfèvrerie.