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1 (1861)
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295
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LA RENAISSANCE ET LES MÉDICIS. ‘295

de Padoue, toute la variété possible dans les attitu-des, toute la vérité possible dans les mouvements,toute la vie possible concentrée dans un petit es-pace ; il y a surtout des groupes de bourreaux et deblasphémateurs qui sont rendus avec une vigueuret une justesse incomparables; il n’y a pas jus-qu’aux plis irréguliers et tourmentés des draperies,qui n’aident à renforcer l’expression des personna-ges. Mais l’artiste qui trace, sur la toile ou sur lemétal, les scènes les plus pathétiques de la Passion,ne doit pas se contenter de bien rendre ce qu’onpourrait appeler le côté brutal de son sujet; s’il nerend pas avec la même perfection le personnage di-vin, qui joue le principal rôle, sa tâche n’est pasmême à moitié remplie. Joignez à cela les contor-sions et l’aspect échevelé de certaines figures defemmes, dont l’une semble saisir une touffe decheveux qu’elle veut s’arracher, tandis que d’autrespourraient être regardées comme des réminiscencesaffaiblies de la tête de Méduse, sans parler des imi-tations païennes qui se trouvent dans les parties ac-cessoires, et de l’inconvenance choquante dont l’ar-tiste s’est rendu coupable, en plaçant une troupede cavaliers nus au pied du Calvaire, sans doute pourimiter quelque bas-relief antique.

Donatello eut un goût assez prononcé pour cesimitations profanes. On lui a fait un singulier mé-rite d’avoir traité un des épisodes les plus émou-vants de la Passion, en s’inspirant d’un sarcophagequi représentait la mort de Méléagre. Les études