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l’art chrétien.
que toutes à une époque très-avancée de sa car-rière, on y trouve une verve d’inspiration qui sembledéfier le progrès de l’âge, et qui prouve que Dona-tellone cessa jamais d’ètre jeune par l’imagination.Malgré son admiration pour les bas-reliefs antiques,il crut sans doute qu’ils donnaient trop de saillieaux figures et que cet inconvénient rendait plusétroit et moins animé le champ dont l’artiste pou-vait disposer pour la représentation des sujets com-pliqués. A force de travailler à corriger ce qui luisemblait un défaut, il parvint à dépasser ses modè-les, et il s’efforça de donner à ses compositions lemoins de relief possible, sans nuire soit à la préci-sion des contours, soit à l’expression distincte desdivers personnages. C’était, si l’on veut, un agran-dissement du domaine de la sculpture ; mais aussi,c’était un empiétement sur celui de la peinture, sur-tout dans l’ordonnance des seconds plans. Le succèsqu’obtint cette innovation, ou plutôt ce tour deorce, devait naturellement pousser Donatello bienau delà des limites que lui prescrivait le bon goût.Les bas-reliefs qu’il exécuta pour l’église de Saint-Antoine de Padoue, conservaient encore un certainéquilibre, et la scène où il a représenté le saintlouillant la poitrine de l’avare, pour montrer qu’iln’a pas de coeur, est assurément composée de mainde maître. Mais il est difficile de ne pas mettre desrestrictions bien fortes à son admiration, quand onexamine de près les sculptures de la chaire de San-Lorenzo, à Florence. Il y a, comme à Saint-Antoine