d’ériger à des morts illustres, tant eu Toscane quedans plusieurs autres villes d’Italie. Ii est à remar-quer que, pour l’exécution de ce genre d’ouvrages,il crut devoir prendre pour collaborateur, non pasun de ses élèves, ni même son frère Simone, quijouissait cependant d’un certain renom, mais Mi-ehelozzo Michelozzi, dont l’imagination pure etcalme pouvait contre-balancer la fougue qui empor-tait quelquefois celle de Donatello. Cette collabora-tion se réduit à peu de chose dans le monumentfunèbre, d’un style simple et grandiose, que Dona-tello érigea au pape Jean XXIII, dans le baptistèrede Florence (t). Mais elle est déjà plus considérabledans la chaire extérieure du Dôme de Prato, et ellele devient bien davantage dans le tombeau du car-dinal Rinaldo Brancacci, à Naples, et surtout danscelui deBartolomeo Aragazzi, à Montepulciano (2).Quand ce dernier ouvrage existait dans son ensem-ble, il devait paraître une des créai ions les plus im-posantes et les plus achevées qu’on eût vues dansle xv° siècle. Aujourd’hui même qu’on est réduit àen chercher les divers fragments disséminés d’unbout à l’autre de l’église par un vandalisme brutalet capricieux, on ne se lasse pas d’admirer tous -cesdébris, et on s’étonne du silence presque absolu que
(1) Ce ne fut pasCôme de Médicis, comme le prétend Yasari, quifit élever ce beau monument à Jean XXIII. Voir la nouvelle édition,vol. III, p. 247, note 2.
(2) Ils y travaillaient en 1427. Voir Gave, Carhyyw ineditu, vol. 1,p. 117-119. La chaire de Prato ne fut sculptée qu'en 1434.