LA RENAISSANCE ET LES MEDICIS. 283
sculpture, dans lesquels on n’a pas toujours faitéquitablement la part de chacun des deux collabo-rateurs. On avait toujours cru, sur l’autorité deVasari, que Michelozzo avait été l'élève de Dona-telio ; mais un document, récemment découvert,prouve que ce fut dans l’atelier de Ghiberti qu’ilfit son apprentissage comme sculpteur (i), et, pourpeu que l’on compare les ouvrages du disciple avecceux du maître, on trouvera que cette filiation estplus naturelle. Je doute fort que le xv e siècle aitproduit quelque chose de plus gracieux que la pe-tite statue de saint Jean-Baptiste qui se trouve dansla galerie des Uffizj.
Compagnon de Bruneileschi dans son voyage deRome en 1/407, Donatello s’était associé àjses travauxet à son enthousiasme pour les débris encore sub-sistants de la grandeur Romaine ; mais, pendant quel’un étudiait avec ardeur les monuments d’architec-ture, l’autre s’attachait de préférence, non pas auxstatues, mais aux bas-reliefs qui décoraient les frisesdes temples, les sarcophages et les colonnes mo-numentales qu’on voit encore aujourd’hui debout;tous deux portaient, dans cette étude, une indépen-dance et une originalité dont les générations sui-vantes offrirent très-peu d’exemples. Ils avaient à semettre en garde contre les illusions que produi-sent, au premier abord, certaines œuvres de déca-dence, par l’effet combiné des dimensions colossales
(1) Gaye, Carleggio inedilo, vol. I, pag. 417 et suiv.