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l’art chrltikn.
canonisés ou béatifiés ! A leur tête était frère An*tonin Pierozzi, plus tard archevêque de Florence,et vénéré par l’Église sous le nom de saint Antonin,le plus humble de tous, le plus passionné pourla réforme et la pauvreté de son ordre, le plus effravéde la magnificence que déployait Michelozzo dansla construction du couvent et de ses dépendances.Là se trouvaient aussi deux frères d’une célébritétrès-inégale, et qui s’efforcaient de faire marcherde front l’idéal esthétique et l’idéal ascétique. L’unétaitFra Benedetto,lerniniaturiste, chargé de peindreles livres de l’église conventuelle ; l’autre était FraAngelico, le peintre angélique par excellence, quitraçait dès lors, sur les murs des cellules, les pein-tures qu’on y admire aujourd’hui. On ne sait riende positif sur les relations qui durent s’établir entrele grand peintre et le grand architecte; mais il estimpossible que ce dernier ait vu avec indifférenceéclore sous ses yeux les merveilles de ce divin pin-ceau ; et la preuve qu’ils se comprirent, c’est queF’ra Angelico a mis le portrait de Michelozzo dansplusieurs de ses tableaux. j
C’était une belle récompense d’avoir attaché sonnom, comme architecte, à une fondation qui de-vait jouer un si grand rôle dans l’histoire reli-gieuse, politique et artistique de Florence. A cettegloire, Michelozzo en joignit une autre, que les bio-graphes n’ont peut-être pas fait assez ressortir, c’estcelle d’avoir modestement associé son ciseau à celuide Donatello, pour produire des chefs-d’œuvre de