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nei lesclii eut achevé son œuvre, son émule, devenualors son disciple, resta tout ébahi d’admiration,et s’avoua vaincu (i).
Cette hauteur de vues ne lui venait pas seule-ment de la pratique consciencieuse de son art et dela fermeté de ses croyances ; à l’exemple de Giottoet d’Orgagna, il nourrissait son imagination, aussibien que son âme, par l’étude du grand poète na-tional et par celle de l’Ecriture sainte, et ses com-mentaires improvisés faisaient une telle impressionsur ses auditeurs, que son ami PaoloToscanelli avaitcoutume de dire, après l’avoir entendu discourirsur cette matière, qu’il lui avait semblé entendrel’apôtre saint Paul lui-même. Aussi avait-il su fairemarcher de front, avec la pratique de son art, celledes vertus les plus difficiles. Vasari nous dit qu’ils’était déclaré l’ennemi mortel des vices (nemicocapitale cle' vizi), et qu’il venait au secours de sesamis dans toutes les occasions. Vif et impétueuxpar nature, il était doux et même humble avec sesrivaux , pourvu qu’on ne mît pas d’entraves à sesgrandes facultés, dont il avait pleine conscience.Quand il fut question d’exécuter les portes de bronzepour le baptistère, il alla lui-même proclamer lavictoire de son jeune concurrent Ghiberti devantles juges du concours, plus étonnés peut-être de
(1) On peut voir dans Vasari les détails et l’issue vraiment édifiantede eo défi presque chevaleresque entre les deux rivaux. Le crucifixde Donatello se trouve encore dans l’église de Santa-Crore, et celuide BrunOlesrlii est dans celle de Santa-Maria-Novella.