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dicis lui-même, quand Brunelieschi lui apporta ledessin d’un palais ; non pas à cause des dépensesexcessives qu’il prévoyait, mais pour ne pas exciterl’envie, en habitant une demeure qui, par sa gran-deur et sa magnificence, donnerait presque l’idéed’une puissance impériale. Des obstacles d’un autregenre empêchèrent l’achèvement du palais de T.ucaFitti (i).
Mais ce n’était pas seulement dans la construc-tion ou dans le plan des édifices, que se montraitla supériorité de ce génie extraordinaire, ün peutdire de lui qu’il fraya des voies nouvelles à l’artcontemporain dans toutes les directions, mais enpuisant toujours ses inspirations à la source la pluspure. Deux ou trois tentatives qu’il fit dans le do-maine de la sculpture, prouvent que ses études surles antiquités païennes n’avaient pas changé sonidéal. On sait comment il répondit au défi de sonami Donatello, qu’il avait surpris en flagrant délitde naturalisme, dans un crucifix sculpté en bois.Au lieu des éloges que le sculpteur avait attendus,brunelieschi avait dit, en souriant, qu’un campa-gnard, mis en croix, n’était pas un crucifix, attenduque l’Homme-Dieu avait été le plus beau parmi lesenfants des hommes. Donatello, piqué du reproche,l’invita malicieusement à faire mieux; et, quand Bru-
(1) Le seul palais qui fut complélement achevé par Brunelieschiest celui des capitaines du parti guelfe. Celui de I.uca Piüi fut élevéjusqu’au premier étage seulement. ;