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LA RENAISSANCE ET LES MÉDICIS. 275
truisant, par l’effet de son génie synthétique, laRome impériale, telle qu’elle avait été avant sadécadence. C’était par cette étude opiniâtre, faitesur les lieux, qu’il était parvenu à retrouver, sansle secours de Yitruve, les règles des trois ordres,Dorique, Ionique et Corinthien, avec le style d’or-nementation approprié à chacun d’eux. Mais, decette étude même, et de l’enthousiasme quelle exci-tait en lui, naquit l’habitude de concevoir tous lesgenres de monuments sur une trop grande échelle;et cette habitude, renforcée par la construction dela coupole, dont les énormes dimensions dilataientà la fois son cœur et son imagination, il la trans-porta dans presque toutes les tâches qui lui furentconfiées ensuite par la piété des uns, par la magni-ficence des autres. Aussi, n’eut-il la satisfaction devoir achever aucune des deux églises où il a laissél’empreinte de son génie, non moins original quegrandiose dans ses conceptions. L’église de San-Lo-renzo, très-avancée de son vivant, ne fut terminéequ’après sa mort; celle de San-Spirito, qui offre,dans son ensemble et dans toutes ses lignes, uneharmonie dont il n’y a peut-être pas un seul exem-ple dans les ouvrages de ses successeurs, dut égale-ment être terminée sur ses dessins, auxquels on eutl’impiété de ne pas se conformer en tout. On fit demême à l’égard de celui qu’il avait fourni pourl’église de Santa-Maria degli Angeli. C’était presquetoujours la grandeur des dimensions qui effrayaitses patrons. Cet effroi fut éprouvé par Corne de Mé-