ÉCOLE FLORENTINE.
263
il n’y a rien, soit dans les types, soit dans le co-loris, qui rappelle les fresques si radieuses de lasalle capitulaire de Pise (i).
On en peut dire autant de celles dont Niccolo diPietro orna, vers le même temps (i4oo), la chapelleconstruite par la famille Migliorali, dans le couventdes Franciscains de Prato. Ici, comme à Pise, il avaità peindre la dernière scène du drame douloureuxde la Passion, la scène du Calvaire; mais il le fit enréduisant de beaucoup le nombre des personnages,et en sacrifiant, autant qu’il était en lui, la grâce àla force, la quantité à la qualité, comme aurait pufaire Spinello. Il y a même une figure au pied de lacroix, qu’on serait tenté d’attribuer à ce dernier.Son influence est plus mitigée dans la fresque où estreprésentée la légende de saint Matthieu, la moinspopulaire de toutes les légendes apostoliques, dumoins parmi les peintres ; car celui dont nous par-lons, est, je crois, le seul qui l’ait jamais tracée.C’est donc à lui seul qu’appartient le mérite de la
artiste, qui fut peint pour l’église de Saint-Marc, et envoyé à l'églisede Saint-Dominique de Corlone, où il se trouve encore aujourd hui. Onne connaît pas d’autre ouvrage de Lorenzo di Niccolo.
(I) Il me semble trouver une certaine ressemblance entre ces pein-tures de Pise et le ravissant tableau de l’Académie des beaux-arts,qu’on attribue sans fondement à Giottino, et qui représente la sainteVierge entre deux anges, apparaissant à saint Bernard. Les teintesclaires y dominent, comme dans l’histoire de la Passion, et les figuresaccessoires sont faibles do dessin et de caractère ; mais le sujet piin-cipal est traité do manière à faire supposer que l’artiste y avait pré-ludé par une sorte, d’extase, durant laquelle il aurait entrevu cettevision céleste.