172
l’art chrétien.
on voit la fontaine si élégante dont il décora laplace du Dùme(i), et les deux tombeaux gothiquesd’un dessin si gracieux et d’une exécution si par-faite, particulièrement celui du pape Benoit XI,dans l’église de Saint-Dominique, à la constructionou à l’achèvement de laquelle Jean de Pise fut aussiemployé comme architecte.
Mais c’est à Pise même que se trouvent ses deuxchefs-d’œuvre les plus fameux, et d’autant plus ad-mirables qu’ils doivent appartenir au début mêmede sa carrière, puisqu’ils furent exécutés l’un 'etl’autre plus de quarante ans avant sa mort (2); jeveux parler de la petite église de Santa-Maria déliaSpina et du Campo-Santo, pour la constructiondesquels l’Italie entière, malgré sa richesse monu-mentale, ne lui fournissait aucun modèle.
Arnolfo, le grand architecte florentin de cetteépoque (3), avait été formé à la même école que lui;car nous savons maintenant, d’après des documentsauthentiques, qu’il fut l’élève de Nicolas de Piseet son collaborateur pour les sculptures de la ca-thédrale de Sienne. Il paraît que les deux condis-ciples ne s’approprièrent pas, de la même manière,les enseignements du maître, qui ne se bornait pas,comme 011 l’a répété trop souvent, à l’imitation de
(I) 11 parait que son père Nicolas y avait travaillé avant lui.
(2j Le Campo-Santo est do 1278, et Jean de Pise mourut en 1320.(3) Cet Arnolfo était fils d’un certain Cambio, et non de Lapo,comme le dit Vasari.