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L ART CHIUirCA.
l’art. Ses deux derniers représentants, Razzi etBeccafumi, disparurent à peu de distance l’un del’autre (i), laissant dans Sienne des traces lumi-neuses de leur passage. Le premier surtout, avecson pinceau gracieux et brillant, avait contribué,plus que personne, à remplir le vide causé parl’extinction de l’école nationale, et il avait mis lecomble à sa popularité par cette grande fresque del’Assomption, à la porte Pispini, exécutée dans desjours si malheureux, qu’au lieu d’être, comme jadis,une peinture triomphale, elle semblait dire, commela voix sinistre du temple de Jérusalem : « LesDieux s’en vont. »
Rien, dans les autres écoles italiennes, ne res-semble au spectacle que donne l’école Siennoise,ou plutôt l’art siennois, pendant toute la périodede sa décadence. Comme nous l’avons déjà re-marqué, ce ne furent pas les artistes qui manquè-rent à l’école, ce fut plutôt l’école qui manqua auxartistes, et il en résulta une dispersion analogue àcelle qui a lieu pour les débris d’un régiment quia perdu presque tous ses soldats avec son drapeau;les braves qui survivent sont distribués dans d’au-tres corps, dont ils adoptent la discipline, le cos-tume et les couleurs. Ainsi fut-il des peintres sien-nois au xvi' siècle. Pacchia se fit l’élève, et l’undes meilleurs élèves, du Florentin Albertinelli;Matteo di Ralducci se partagea entre un maître oin*
(I) Razzi mourut en 1549, Beccafumi en 1550.
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