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1 (1861)
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lart CHRÉTIEN.

épris de la manière de Pérugin ; mais, quand il vintà Rome, en i5io, il se mit à dessiner les statueset les ruines et partagea lenthousiasme général pourles peintures de la chapelle Sixtine. A son retour àSienne, on vit bientôt que les études mythologiqueset anatomiques avaient pris une grande importanceà ses yeux. Il couvrit de dieux et de déesses peupudiques la façade du palais Rorghesi, et préluda,par des tableaux dune hardiesse toujours crois-sante, au succès que devaient obtenir ses fresques etles cartons dessinés par lui pour le pavé du Dôme,dans lesquels on lui savait surtout gré davoir forte-ment accusé le nu.

Yasari, qui le connut à Sienne et qui lui devait laplupart de ses renseignements sur les artistes sien-nois, sest laissé aveugler par la reconnaissance,quand il la mis au-dessus de Pordenone, lun desplus grands peintres de lécole Vénitienne. Becca-fumi fut un dessinateur hardi plutôt que correct, eteut besoin de toute la fascination de son coloris fan-tastique pour se faire pardonner les écarts de sonimagination, encore plus bizarre que fougueuse.Dans les sujets dont lordonnance lui était tracéed avance, il réussissait mieux que dans ceux onlui laissait le champ libre; aussi ses tableaux reli-gieux, particulièrement ceux de sa première manière,sont-ils, quoi quen dise Yasari, bien supérieurs àses peintures a fresque, bien quils soient rarementexempts de cette grâce maniérée qui, dans plusieursde ses ouvrages, dégénère en caricature. Celui il