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l’art CHRÉTIEN.
épris de la manière de Pérugin ; mais, quand il vintà Rome, en i5io, il se mit à dessiner les statueset les ruines et partagea l’enthousiasme général pourles peintures de la chapelle Sixtine. A son retour àSienne, on vit bientôt que les études mythologiqueset anatomiques avaient pris une grande importanceà ses yeux. Il couvrit de dieux et de déesses peupudiques la façade du palais Rorghesi, et préluda,par des tableaux d’une hardiesse toujours crois-sante, au succès que devaient obtenir ses fresques etles cartons dessinés par lui pour le pavé du Dôme,dans lesquels on lui savait surtout gré d’avoir forte-ment accusé le nu.
Yasari, qui le connut à Sienne et qui lui devait laplupart de ses renseignements sur les artistes sien-nois, s’est laissé aveugler par la reconnaissance,quand il l’a mis au-dessus de Pordenone, l’un desplus grands peintres de l’école Vénitienne. Becca-fumi fut un dessinateur hardi plutôt que correct, eteut besoin de toute la fascination de son coloris fan-tastique pour se faire pardonner les écarts de sonimagination, encore plus bizarre que fougueuse.Dans les sujets dont l’ordonnance lui était tracéed avance, il réussissait mieux que dans ceux où onlui laissait le champ libre; aussi ses tableaux reli-gieux, particulièrement ceux de sa première manière,sont-ils, quoi qu’en dise Yasari, bien supérieurs àses peintures a fresque, bien qu’ils soient rarementexempts de cette grâce maniérée qui, dans plusieursde ses ouvrages, dégénère en caricature. Celui où il