138
l’art CHRETIEN.
continuaient leurs sanglantes querelles, même auplus fort de toutes ces intrigues, penchaient tantôtvers l’un, tantôt vers l’autre, chassant Pandolfo Pé-trucci par peur de Borgia, {mis le rappelant par peurde Louis XII. Jamais on n’avait vu de républi-cains si souples dans leurs évolutions, ni si résignésà subir toutes les humiliations qui pouvaient ousemblaient pouvoir leur garantir la sûreté de leurspersonnes et de leurs biens. Le mépris pour eux futporté si loin, qu’après la mort de Pandolfo Pé-trucci, en i5i2, Sienne fut vendue 3o,ooo ducatspar l’empereur Maximilien à Jules II, qui n’eut pasle temps de jouir de son marché. Alors commencè-rent les longues et funestes complications auxquellesdonnèrent lieu les relations avec les iVIédicis, d’abordavec Léon. X, puis avec Clément VII qui, après avoirasservi Florence avec le secours des armes espa-gnoles, voulut faire entrer Sienne en partage decette honteuse servitude; en général, le parti de labourgeoisie, qu’on appelait le parti des Neuf (i no-veschi), se prêtait, sans répugnance et même avecardeur, aux combinaisons les plus avilissantes,quand ils y voyaient leur avantage, tandis que leparti populaire, dans ses accès de sauvage patrio-tisme, se laissait tellement emporter par sa fureurcontre les traîtres, qu’il voyait partout des com-plices, et ne voulait plus distinguer, quand venaitle jour de ses vengeances, les innocents d’avec lescoupables.^ Il y eut des crises terribles, qui ne fu-rent pas courtes , et qui rappellent, à bien des