ÉCOLE SIENNOISE.
123
comme seconde patronne de Sienne, il fut résolu, pardélibération solennelle, que son image serait peintedans une des salles du palais public, et ce fut au pin-ceau d’Ansano que cette tâche si convoitée fut dé-volue. Ce monument de patriotisme et de piété setrouve encore aujourd’hui à la même place, et, mal-gré la retouche qui n’a pas moins nui à l’effet desdemi-teintes qu’à la pureté des contours, il faut êtrebien dépourvu du sentiment du beau, du beau mo-ral comme du beau esthétique, pourn’être pas émudevant cette figure si éminemment virginale, dontles traits, le regard, le mouvement, la pose et jus-qu’à la draperie accusant les membres avec la plusjuste mesure, expriment mieux que ne pourraientle faire toutes les paroles, ce qui est renfermé dansla notion mystique d ’épouse du Christ, notion quel’artiste devait avoir présente à l’esprit, puisqu’ilavait ajouté, en guise de commentaire, ce distiquesi naïf qu’on a eu tort d’effacer :
O Catarina, tu vergine bella,
Sacra sposa di Cristo e chiara Stella.
Ce n’était pas tout : dans l’espèce de peinture triom-phale qu’il fut chargé d’exécuter, immédiatementaprès, au-dessus de la porte Romaine, il put encoreintroduire cette même sainte, dans le même cos-tume et probablement d’après le même type; mais
ici la main des hommes a si bien secondé les ra-\
vages du temps, qu’on peut à peine se faire une