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l’art chrétien.
passe en beauté tout ce que l’école Siennoise a pro-duit en ce genre (i), et, comme nous savons qti’An-toine et Bernard Rossellini étaient en grande faveurauprès de la famille Piccolomini, nous pouvons enconclure que ce chef-d’œuvre est l’ouvrage de l’unon de l’autre. Longtemps après eux vint un minia-turiste très-obscur, nomméLitti Corbizi, qui peignitun livre d’heures pour la confrérie de Sainte-Cathe-rine (2), et qui fut si bien inspiré par sa tâche,qu’il se montra supérieur, pour une fois, au fameuxAtavante lui-mème. L’émulation ne fut pas moindreparmi les peintres indigènes. Neroccio, qui avaittant enlaidi saint Bernardin, n’osa pas se fier auxprouesses de son pinceau ; mais il voulut, en guised’expiation, sculpter une statue en bois de sainteCatherine pour l’autel de Fontebranda (3), etGiovanni di Paolo, qui n’osa peut-être pas s’aven-turer à tracer son image, ne dédaigna pas de tra-vailler dans le même lieu à des œuvres subalternes,totalement étrangères à son art, mais qui, se rap-portant au culte de la sainte, prenaient dès lors, àses yeux, une grande importance.
Non-seulement Ansano 11’eut point de pareil sa-crifice à faire, mais 011 peut dire qu’il fut le plusheureux entre tous ses compétiteurs. Pour inaugu-rer la prise de possession de la nouvelle sainte,
(1) Ce buste se trouve dans la maison Palmieri.
(2) Ce livre d’heures se trouve à la bibliothèque de Sienne.
(3) Documenti, etc., vol. II, pag. 340.