ÉCOLE SIENNOISE.
117
rent ainsi les interprètes et les promoteurs de ladévotion populaire, nous avons déjà nommé Gio-vanni di Paolo et Matteo di Giovanni; mais ni l’unni l’autre ne peut se comparer avec Ansano, soit pourla quantité, soit pour la qualité des portraits de saintBernardin, soit pour l’importance de leur destina-tion. Dans l’église du couvent de l’Observance,fondé en ce fut à lui que les moines donnè-
rent la préférence pour tracer sur un de leurs autelsl’image du fondateur; et cette tâche fut entrepriseavec tant d’amour, que les parties accessoires, jeveux dire les demi-figures du gradin, ordinairementpeu soignées dans les ouvrages d’Ansano, sont icide véritables chefs-d’œuvre. Elles ont même l’incon-vénient d’être plus belles que les grandes figures dutableau, et cette différence est plus particulièrementfrappante dans celle de la Vierge qui a été lourde-ment retouchée. D’autres fragments, dispersés dansla sacristie et relégués aussi loin que possible de lalumière, témoignent de l’insouciance de leurs indi-gnes possesseurs, qui les auront détachés de quel-que composition d’Ansano; car on reconnaît, aupremier coup d’œil, sa manière et ses types. De plus,outre la chapelle dont nous venons de parler, il yen a une autre décorée par lui, du vivant même desaint Bernardin, et peut-être sous ses auspices; desorte qu’on peut supposer, avec assez de fonde-ment, non-seulement qu’il lut le peintre favori dela milice organisée par ce grand réformateur,mais que la préférence si soutenue dont elle î’ho-