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nora, fut le fruit de ses relations personnelles aveclui.
Le héros de cette milice, depuis la mort de sonchef, était Jean Capistran, destiné à être canonisécomme lui, mais avec un titre de plus, celui demartyr, et de martyr sur un champ de bataille. Or,il v avait à Sienne une confrérie, attachée à l’hospicedélia Scala, qui, entre autres généreuses pensées, eutcelle de faire peindre, pour cet héroïque championde la chrétienté contre les Turcs, une image de celuiqui avait été, pour ainsi dire, l’étoile la plus lumi-neuse de son firmament. La préférence qui futdonnée à Ansano, pour l’exécution de ce portrait,ne prouve pas seulement l’estime de ses concitoyenspour son talent; elle prouve encore plus l’opinionqu’ils avaient de son âme, car il en fallait pour com-prendre les conditions délicates d’une pareille tâ-che, et surtout pour les bien remplir.
Sans établir, en sa faveur, une compétence exclu-sive, ces divers succès lui attirèrent les suffrages desplus ardents promoteurs de ce nouveau culte natio-nal. Parmi eux se distinguaient naturellement lesmembres de la confrérie de Saint-Bernardin, quil’avaient déjà chargé de peindre, conjointement avecGiovanni di Paolo, un tableau d’autel pour leuroratoire. Maintenant il s’agissait de faire pour euxune bannière, c’est-à-dire une peinture d’un carac-tère tout triomphal, destinée à figurer, dans les pro-cessions et dans d’autres fêtes populaires, non pascomme une vaine décoration, ni comme une satis-