ÉCOLE SIENJVOISE.
115
archives du Dôme, il joue un rôle si humble, à l’âgede trente-cinq ans, auprès de Lorenzo Yecchietta,bien inférieur à lui comme peintre, qu’il reçoit un sa-laire de deux livres rpiatre sous (lire due , solde quat-tro), pour l’avoir aidé, pendant trois jours, à peindreun tableau de l’Annonciation. Six ans plus tard, nousle trouvons associé à Giovanni di Paolo, pour ornerl’autel de la confrérie de Saint-Bernardin, et il suf-fira de parcourir la liste des payements successifs quilui furent faits, à titre de collaborateur, quelquefoissubalterne, pour se convaincre que nul artiste, deson école, ni d’aucune autre, ne porta plus loinque lui l’abnégation et le désintéressement (i).
Ainsi, nous pouvons, sans trop d’invraisem-blance, mettre l’humilité, c’est-à-dire la vertu la plusdifficile pour les artistes comme pour les poètes, aunombre de celles qui firent dire d’Ansano qui/ vécuttout en Dieu; et nous pouvons ajouter, avec plusde vraisemblance encore, que son enthousiasmepour saint Bernardin (2), et sa dévotion si manifestepour la sainte Vierge, furent pour lui comme deuxsources intarissables où il puisait à la fois des inspi-
une maison ; mais il ajoute qu’il a 150 florins de dettes, et que lamaison ne lui rapporte rien, vu qu’elle n’a encore, par suite de sapauvreté, ni portes, ni fenêtres, ni escalier, ni cheminée, ni riende ce qu’il faudrait pour la rendre habitable. Documenté, vol. II,pag. 278.
(1) Documenté, etc., vol. 11, pag. 388.
(2) Il y a, de lui, à l’Académie des beaux-arts, douze tableaux danslesquels il a placé, en grandes ou en petites dimensions, le portraitde saint Bernardin.