114
l’art chrétien.
inspirations est la première condition de succèsdans la peinture religieuse. Ce peintre, dont le nomne fut peut-être jamais prononcé dans les grandesécoles de Florence et de Rome, et dont la renomméen’avait pas encore franchi, il y R vingt ans, les li-mites du petit État qui fut le théâtre de ses travaux,s’appelait Ansano, et, par abréviation, Sano ; etc’est sous ce nom, auquel était joint celui de sonpère Pietro, qu’il a toujours été connu dans sa pa-trie et qu’il est encore désigné aujourd’hui par lepetit nombre de ceux qui ne dédaignent pas de s’ar-rêter devant ses œuvres.
Dans le nécrologe de son église paroissiale, con-servé à la bibliothèque de Sienne, il est dit queSano di Pietro était un peintre fameux et qu'il vécuttout en Dieu( i). C’est à ce peu de paroles, très-précieuses dans leur concision, que se bornent lesrenseignements biographiques qui nous ont ététransmis par ses contemporains auxquels on peutreprocher d’avoir été très-lents à lui rendre justice ;car un document authentique, daté de i/j53, quandil avait déjà quarante-sept ans, nous le montre auxprises avec des embarras domestiques d’autant pluscruels, qu’il avait à pourvoir aux besoins d’unefemme et de trois enfants en bas âge, auxquels il aajouté, dit-il, une pauvre petite orpheline, pour l’a-mour de Dieu (2). Dans un autre document, tiré des
(1) Pictor famosus et homo totus deditus Deo.
' (2) Il avoue qu’il possède une vigne de la valeur de 100 florins, et