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l’art chrétien.
c’est à peine si on peut croire qu’elles soient de lamême main. Ce tableau, tout resplendissant d’or etde lumière, avec cette Vierge qui monte au ciel,dans son costume triomphal, avec ce cortège d’angesradieux couronnés de fleurs, avec ce coloris brillantdont l’harmonie égale la richesse, produit une sorted’éblouissement sur l’œil du spectateur; et cettepremière impression est plutôt fortifiée qu’affaiblie,quand on examine de près la figure principale etsurtout les groupes d’anges qui se balancent si gra-cieusement à sa droite et à sa gauche ; mais il nefaut arrêter ses yeux ni sur le Christ, ni sur saintThomas, tendant les mains pour recevoir la cein-ture; car il a traité cette partie de sa tâche avecune vulgarité d’imagination qui offre un contrastepénible et inexplicable avec le reste de la compo-sition.
Si, après avoir vu ce tableau, on est tenté de direque la vocation de Matteo di Giovanni fut de peindredes anges, on le sera bien plus encore en voyant celuide la Mado/ina délia Neue, que je n’hésite pas à re-garder comme son chef-d’œuvre. Les lignes du vi-sage de la Vierge, ainsi que sa pose et son costume,rappellent un peu l’ancien type de l’école Siennoise,et les anges symétriquement distribués de chaquecôté du trône, semblent, avec leur épanouissementde joie et leur élan de béatitude, avoir été empruntésà une vision de la cour céleste. On dirait que l’ar-tiste avait comme tenu en réserve ses meilleures ins-pirations, pour les déposer, au moment venu, dans