ÉCOLE SIKNNOISE.
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chose était fait pour donner l’idée d’une incarnationsatanique, ce serait cette figure royale, dont le gesteest si bien d’accord avec son regard, goûtant ladouceur d’être impitoyablement obéi.
Après les augustiniens vinrent les moines ser-vîtes; mais quand ils demandèrent à Matteo di Gio-vanni de peindre sa composition favorite dans unede leurs chapelles, cet artiste, dont la fougue juvé-nile avait eu le temps de se refroidir, leur fit un ta-bleau sobre quant à la composition et beaucoupplus mesuré quant à l’expression, trompant ainsil’attente de ses nouveaux [patrons qui, sans doute,avaient compté sur une complication de mouve-ments violents dont le résultat serait de faire res-sortir, avec des contrastes habilement ménagés,tous les muscles que met en jeu le métier de bour-reau trouvant de la résistance.
Déjà vingt ans auparavant (1471), il avait fait,pour le maître-autel de cette même église des ser-vîtes, un grand tableau qui a disparu depuis long-temps, et dont la date nous ferait conclure qu’il de-vait ressembler à celui de l’Académie des beaux-arts, si les fréquentes oscillations de l’artiste nedéroutaient toutes les conjectures. Il y a, près deSienne, un ancien couvent de bénédictins, connusous le nom de Munistero , où Matteo di Giovannidut travailler à plusieurs reprises; car on ne com-prendrait pas que les deux fresques si dures, repré-sentant le crucifiaient et la résurrection, fussent dela même époque que le tableau du maître-autel ;