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l’art chrétien.
qu’il faut attribuer ce caractère si prosaïque desdeux tableaux d’autel qui sont à l’Académie desbeaux-arts.
Cette déviation n’empêcha pas de le regardercomme le représentant de l’école Siennoise, et onlui demanda, à diverses reprises, des tableaux et desdessins pour le Dôme (i). C’est d’après ces dessins,dont la hardiesse égalait la correction, qu’ont ététracés, sur le pavé de la nef latérale et du transept,tout près de la fameuse sacristie, la sibylle de Sa-mos, la délivrance de Béthulie et surtout le mas-sacre des Innocents, qu’on voulait avoir devant lesyeux et sous les yeux, même quand on les baissaitpour prier.
Cet enthousiasme pénétra plus tard jusque dansles cloîtres, et les augustiniens, qui avaient la pré-tention d’être plus éclairés que les moines men-diants, voulurent, à ce titre, avoir un massacre desInnocents dans leur église, où ce singulier chef-d’œuvre se voit encore aujourd’hui. Jamais ce sujetqui prèle tant aux tours de force des dessinateursintrépides, ne fut représenté d’une manière si sai-sissante ou plutôt si repoussante, non-seulementà cause du sang qui coule et des victimes gisanteset des mères défigurées par l’effroi, mais aussi à causedes faces superlativement hideuses du roi Hérode etde ses bourreaux, dont les types semblent avoir étésuggérés par quelque vision infernale; et, si quelque
(I) Un do ces tableaux sc trouve encore dans la sacristie.