ECOLE SIENNOISE.
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seul de ces opuscules qui mérite la qualification dechef-d’œuvre. Pour trouver, à Sienne, des ouvragesqui justifient la réputation dont jouissait Matteo,tant dans sa patrie qu’au dehors, il faut les chercherdans trois ou quatre églises, où ils se sont conser-vés, à peu près intacts, jusqu’à nos jours.
Mais on risquerait d’être dérouté dans l’apprécia-tion générale de son mérite et dans l’appréciationparticulière de ses œuvres, si on ne tenait comptede deux faits importants dans sa vie, d’abord, saliaison avec Francesco di Giorgio qu’on pourraitappeler le Brunelleschi de Sienne, et qui, non con-tent d’être l’ami de Matteo, voulut de plus être sonmaître pour l’architecture ; ensuite, son voyage àNaples (1468), qui forme comme le point culminantde sa carrière, à cause de ce fameux massacre desInnocents qu’il fit pour l’église de Formello, etdont les nombreuses reproductions, tant par lui-même que par la gravure étrangère, lui procu-rèrent , même de son vivant, une réputation pres-que européenne (1). A son retour, le cercle deses idées se trouvant subitement agrandi, il dédai-gna, du moins pour un temps, les inspirationssous l’empire desquelles il avait peint ses deuxtableaux de Pieuza, et c’est peut-être à ce dédain
(1) Aucune de ces reproductions ne peut se comparer au dessinoriginal, qui se trouve à Paris entre les mains d’un amateur pleinde goût, et qui fut acheté par lui dans une vente publique, connuel’ouvrage d’un grand maître. Le tableau de Formello se trouve main-tenant au musée de Naples.