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l’art chrétien.
rapides que brillants, et son pinceau put à peinesuffire à la quantité d’images de dévotion qu’il eutà peindre tant pour Sienne que pour les autres villeset villages qui en dépendaient; à quoi il faut ajou-ter que, pendant longtemps, son respect pour sonart ne lui permettait de rien produire avec unedédaigneuse précipitation , quelque humble quedût être la destination du produit , comme leprouve le beau tableau dont il décora l’église collé-giale de Saint-Augustin, dans la petite ville d’Ascia-no. Malheureusement presque tous ceux dont ilorna les chapelles rurales, les oratoires privés, oules tabernacles des places publiques, ont été détruitsou dispersés, et c’est seulement sur quelques ou-vrages conservés dans les églises, et sur ceux qui ontété transportés à l’Académie de Sienne, que nouspouvons apprécier les qualités qui le distinguentdes autres peintres contemporains. Ce qu’on voit àl’Académie n’est assurément pas fait pour donnerune haute idée de son génie. Il y a là deux grandstableaux d’autel à fond d’or, où presque toutes lestêtes sont mesquines ou vulgaires, et qui appartien-nent à l’époque où il se prosternait, comme tantd’autres, devant l’idole du naturalisme. Au con-traire, les petits tableaux d’oratoire qui se trouventdans la même collection, portent presque tous l’em-preinte d’un goût plus pur et plus sévère, attenduque leur destination obligeait l’artiste à les mettreen harmonie avec le sentiment religieux qu’il s’a-gissait de satisfaire. Cependant, il n’y a guère qu’un