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entrevoit la direction scientifique que doit prendreson talent, ensuite par le privilège qu’il eut d’yplacer le portrait du pape Pie il, ce qui sembleraitindiquer, de la part de ce dernier, une préférencemarquée soit pour l’ouvrage, soit pour l’artiste quirecueillait peut-être alors le fruit de son premiersuccès, obtenu en 14f>7» quand il peignit, dans lacathédrale de Sienne, la chapelle de saint Bernardinrécemment canonisé. Débuter dans sa patrie par unepareille tâche et travailler ensuite sous les auspicesd’un patron comme le pape Piccolomini, c’était unedouble bonne fortune, au point de vue des inspira-tions religieuses et patriotiques, si l’artiste avait puy rester fidèle jusqu’à la fin.
Un document contemporain nous montre Matteoluttant, au début de sa carrière, contre les angoissesde l’indigence et suppliant la municipalité de Siennede ne pas aggraver le poids de sa misère, en exi-geant de lui le payement de certaines taxes troponéreuses (i); et un autre document, non moinsauthentique, postérieur seulement de quatre annéesà cette pétition, nous en montre l’auteur tellementavancé dans la faveur publique, qu’on le chargeaitde peindre, dans le Dôme, la chapelle consacrée àsaint Bernardin (2).
A dater de cette époque, ses progrès furent aussi
(1) Documenti dell' arle Sanese, vol. II, pag. 279.
(2) Ibid., pag. 273. Parmi les livres de chœur du Dôme de Sienne,il y en a un (Antifon. B, n ü 19) qui contient une très-belle minia-ture de Matteo, représentant l'Assomption de la Vierge.