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l’art CHRÉTIEN.
temps populaire, non-seulement comme peintre,mais comme peintre de saints, et même d un saintpour la représentation duquel la dévotion publiqueétait plus particulièrement exigeante, puisqu’il s’a-gissait d’un saint dont Sienne était justement fière,de ce Bernardin qui avait régénéré tant de milliersd’âmes, et qui recevait alors les prémices du culteque l’Église universelle lui rend depuis quatre :siècles, culte alors très-fervent, et dont les pluszélés promoteurs s’étaient organisés en confrérie,qui avait ses statuts, son oratoire, son gonfalonet ses réunions périodiques. Or, cette confrérievoulut avoir, sur l’autel devant lequel elle priait,un tableau qui fût en harmonie avec ses pieusesaspirations, et Giovanni di Paolo fut l’un des deux Ipeintres chargés de son exécution ; l’autre étaitSano di Pietro, dont nous reparlerons bientôt, etqu’on pourrait appeler le fra Angelico de l’écoleSiennoise (i). Tous deux avaient déjà travaillé en-semble dans le couvent de l’Observance, fondé parsaint Bernardin; mais il est probable que, dans l’unet l’autre cas, la tâche était inégalement divisée,et que ce n’était pas Giovanni di Paolo qui avaitla part la plus importante.
Il y a trois grands tableaux de ce dernier à l’Aca-démie desbeaux-arts : l’un est tellement trivial etre-poussant, qu’il faut savoir gré à ceux qui l’ont placé
(1) Voir les documents de l’école Siennoise, publiés par Milanesi,vol. II, p. 389,