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celui qui les avait plutôt arrachées qu’obtenues.
Il n’y eut donc de réhabilitation que pour la fa-mille des Piccolomini, c’est-à-dire pour celle quidevait prouver mieux, qu’aucune autre, le tort quela république se faisait à elle-même en proscrivantl’élite de ses citoyens. Elle ne se privait pas seule-ment de leurs services civils et militaires, mais ellefrustrait, en outre les arts et les lettres d’un patro-nage intelligent et généreux, qui n’était guère dansles habitudes d’une bourgeoisie à la fois parcimo-nieuse et passionnée. Tout ce que fit Pie II, pendantson court pontificat, n’aurait pas manqué de produireune impression salutaire sur des esprits moins achar-nés ; mais le mal était trop invétéré pour pouvoir êtreguéri autrement que par des remèdes énergiques.
Nous parlerons ailleurs des grandes choses qu’en-treprit le pape Piccolomini, comme chef de la chré-tienté; nous n’avons à signaler ici que son influencesur l’école Siennoise et la part qu’il eut au nouvelessor que prit la peinture mystique pendant la der-nière moitié du xv e siècle. Son ambition n’étaitpoint de. laisser des monuments de son goût magni-fique ou de son patriotisme dans la ville mêmede Sienne; il y avait dans le territoire de la répu-blique une bourgade assez obscure, appelée Gor-signano, où il se souvenait d’avoir passé son en-fance dans l’exil et dans la pauvreté. Ce fut cettebourgade, connue depuis sous le nom de Pienza, qu’ilvoulut transformer en une ville élégante, en l’or-nant d’édifices religieux et civils à la construction