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1 (1861)
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L*ART CHRÉTIEN.

monde sait la trace lumineuse quil a laissée, sou sle nom de Pie II, dans lhistoire de sa race et de sonpays, et même dans celle de la chrétienté tout en-tière. Il fallut bien lui pardonner sa naissance,quand la tiare fit resplendir, aux yeux de lEuropedéjà familiarisée avec ses services et son nom, lesvertus héroïques dont il naurait tenu quà sa patriede se parer.

Cette patrie, malgré sa dureté, lui avait toujoursété chère ; il aurait voulu que son pontificat inau-gurât pour elle une ère de concorde et de prospé-rité; il aurait voulu que le rappel des gentilshommesproscrits mît fin aux animosités dont leur éloigne-ment était la source, et quil leur fût permis demettre au service de la république les qualités guer-rières quils étaient trop souvent contraints de tour-ner contre elle. Tout ce quil put obtenir, fut la ré-habilitation de sa propre famille à titre de simplescitoyens et sans aucun privilège aristocratique. Labourgeoisie cupide et ombrageuse à laquelle il avaitaffaire tenait surtout à ne point partager le mono-pole des emplois publics avec des hommes que leurfierté et leur pauvreté rendaient doublement inté-ressants, et à toutes les instances de Pie II en leurfaveur, ses interlocuteurs répondaient par ces in-croyables paroles : « Nous mangerions nos propres« enfants, plutôt cpie de réhabiliter ces gens-. »Il fallut donc, après de longues négociations,se contenter de quelques concessions illusoires ;encore furent-elles révoquées après la mort de