86 l’art chrétien.
villes de Florence, de Lucques, de Ferrare (i) (de Bologne, se décorèrent successivement de sesœuvres, et quand il osa concourir avec Gliiberti,Donatello et Bruneiieschi, pour les portes du bap-tistère , on 11e lui trouva d’autre tort que celuid’avoir voulu maintenir la sculpture dans ses limitesnaturelles. Il avait, aussi lui, débuté par des tra-vaux d’orfèvrerie, qui lui avaient fourni l’occasionde montrer et de cultiver l’élégance naturelle deson goût, et il fallait qu’il jouît à Sienne d’unepopularité précoce, puisque, dès l’année i 3 q[,àl’occasion des funérailles d’Azzo Ubaldini, généralde la république, il fut chargé, n’ayant pas encorevingt ans, de lui élever, ou plutôt de lui pétrirune statue équestre, dont le moindre mérite étaitd’imiter parfaitement le marbre.
Ainsi, quand Jacopo délia Quercia s’exila volon-tairement de sa patrie, ses concitoyens étaient àmême d’apprécier la perte qu’ils allaient faire. Quantà lui, il y gagna en expérience et en renommée, etquand il revint à Sienne, au bout de quelquesannées, et qu’on lui vit exécuter successivementles sculptures de la Fontegaîa et celles du baptis-tère , l’admiration alla toujours en croissant. Ce11’était pourtant pas pour sa ville natale qu’il de-vait exécuter la plus merveilleuse de ses œuvres;c’était à Bologne, où il fut appelé, en 142 5 , par
(1) On voit encore, dans le Dôme de Ferrare, la délicieuse Madoneavec l’enfant, qu’il y sculpta en 4-108.