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l’art chrétien.
L’artiste qui honora vraiment le nom de Bar-tolo, dans cette période si féconde en avortements,fut Taddeo, qui porta dans la pratique de son artnon-seulement l’indépendance d’un noble carac-tère, mais des inspirations puisées aux sources lesplus pures et les plus élevées. Il fut de ceux queleur antipathie pour les excès démagogiques forçade chercher, loin de leur patrie, un emploi plussûr et plus honorable à leurs pinceaux. C’était dansles dernières années du xiv c siècle, quand il étaitdans toute la force de l’âge et du talent. On le vitalors parcourir successivement presque toutes lesvilles de la Toscane, Pise, Arezzo, Volterra, Ascia-no, San-Miniato, San-Gimignano, Montepulciano,laissant dans chacune d’elles des tableaux ou desfresques, dont un bon nombre a été conservé jus-qu’à nos jours; puis, étendant son influence jus-que sur le territoire sacré de i’Ombrie, et déposantà Gubbio et à Pérouse des germes qui ne devaientpas être perdus pour la génération suivante (i).
Il était difficile qu’à travers toutes ces pérégri-
(1) Le tableau qu’il peignit pour l’église de Saint-Paul, à Pise, estaujourd’hui au musée du Louvre. Ceux d’Arezzo, de Volterra, deSan-Miniato, de Gubbio, n’existent plus; mais la Vierge au chardon-neret, avec huit grandes figures de saints, qu’il peignit pour lesfranciscains de Pérouse, se trouve encore au musée de cette ville.Son Annonciation, à l’Académie des beaux-arts de Sienne, est un deses meilleurs ouvrages; un triptyque, représentant la Madone entredeux saints, m a paru encore plus charmant comme miniature. Hy a en outre l’Adoration des bergers et la Mort de la Vierge, traitéeavec cette profondeur de sentiment qui caractérise Taddeo di Bartolo.