1,’aRT CIÏRl’-TIFPr.
OR
blic aux yeux du peuple qui n applaudissait plusqu’à celles-là (i).
Il fallait que la multitude fût devenue très-sensi-ble à ce genre de flatterie; car Galgano, malgré safécondité, fut loin d’y suffire, et nous lui trouvonsune multitude de collègues, artistes non moins in-signifiants, et républicains non moins farouches,tous occupés de la même tâche et y consacrant lepeu de loisir que leur laissait la chose publique.Voilà ce qui rendait intéressants, pour une généra-tion déjà dépravée quant au goût, des artistes commePaolo di Neri, Cecco di Manno, Meo di Piero,Crislofano di Cosona, Antonio di Brunaccio (2),Giovanni di Viva et, tant d’autres qui, comme eux,ne mériteraient pas qu’on se souvînt même de leursnoms, si cet entraînement de toute une école et ladécadence dont elle fut en même temps frappée, neformaient un épisode aussi instructif que curieuxdans l’histoire de l’art.
Le lecteur devine sans peine ce que devinrent,sous de telles influences et en de pareilles mains, lestraditions jusqu’alors si pures de l’école Siennoise.La grâce et la majesté qui avaient caractérisé sestypes, firent place à une vulgarité farouche dontl’empreinte se retrouve dans plusieurs tableaux re-
(1) En 1384, il fut payé pour avoir peint vingt-six pennons.
(2) Brunaccio était sculpteur. Bien qu’il fût l’un des prieurs dansl’année de terreur 1308, on peut croire qu’il valait mieux que sescollègues, puisque sainte Catherine lui écrivit une lettre qui subsisteencore.