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d’ouvrages de circonstance, pour lesquels la préfé-rence leur était toujours accordée sur les peintresqui ne se mêlaient pas connue eux aux discordes ci-viles. Protégés contre la critique par leur popula-rité, ils se hâtaient de quitter le pinceau pour re-prendre le glaive ou pour remplir les fonctionsturbulentes et lucratives de quelque magistraturepopulaire, dans laquelle ils avaient habituellementpour collègues et probablement aussi pour patronsdes barbiers, des bouchers, des cordonniers et au-tres républicains dignes de l’oeuvre à laquelle onles faisait concourir. C’était en descendant ainsijusqu’au niveau des professions les plus infimes,que l’artiste se procurait une courte et funeste voguequi lui donnait la satisfaction de peindre desgonfalons et des bannières, destinés à figurerdans les fêtes populaires, alors plus fréquentes quejamais.
Ce même Galgano que nous avons vu présidersans remords à l’exécution de dix-neuf victimesinnocentes, et qui fut à plusieurs reprises capitainedu peuple et prieur de quartier, semble avoir éclipsétous les autres peintres, sinon par son talent, dumoins par sa popularité qui lui procura pendantdouze ans de suite (1372-1384) des travaux appro-priés à son goût et aux passions politiques dontil était lui-même plus enivré que personne. Dansla liste de ses nombreux ouvrages, on ne trouvepas un seul tableau religieux ; ce sont toujours despeintures patriotiques faites pour être étalées en pu-