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l’art chrétien.
ques revers essuyés par le duc de Milan, on voit lesSiennois, rompant leur allégeance, faire disparaîtreson écusson du palais public, et se laisser imposerla paix, à des conditions très-dures, par les Floren-tins, ses ennemis et ceux de la république. Cettepaix humiliante fut conclue en i4o4> l’année mêmeoù naquit saint Bernardin, qui devait travailleravec tant de gloire à la régénération de ses compa-triotes.
Une particularité curieuse dans l’histoire del’école Siennoise, c’est que les artistes qui en sor-tirent pendant la dernière moitié du xiv e sièclefigurèrent, presque tous comme instigateurs oucomme acteurs, dans les révolutions qui ensanglan-tèrent leur patrie, pendant plus de cinquante ans.Franchissant d’un seul bond les idées intermé-diaires, ils se posèrent pour la plupart en vengeursdu peuple et en exterminateurs de quiconque avaitusurpé ou usurperait encore ses droits, et comme nile temps ni l’impunité ne leur manqua, ils firent unusage affreux de l’ascendant qu’on leur laissaprendre sur les masses.
La liste de ces artistes démagogues serait troplongue, s’il fallait les nommer tous; d’ailleurs, lemérite de leurs productions ayant été en raison in-verse de leur notoriété démagogique, ils n’ont droitde figurer dans l’histoire de l’art que pour satisfairela curiosité qu’inspire au lecteur leur étrange dé-viation, punie par un si complet avortement; cequi ne les empêcha pas d’exécuter une quantité