ÉCOLE SIEHNOISE.
résoudre, dans le domaine de la peinture chré-tienne, comme dans celui de la religion et de laphilosophie, était la conciliation de l’autorité avecla liberté, c’est-à-dire la conciliation du respect poul-ies types traditionnels avec le libre développementdes facultés de l’artiste. Ce n’était pas ainsi queGiotto devait se poser le problème; mais en cela ilfut moins heureusement inspiré que les fondateursde l’école Siennoise.
Cette fondation semble avoir été l’ouvrage d’uneseule et même famille, savoir, des deux frères Guidoet JViino, auxquels on pourrait joindre leur neveuUgolino, si la vogue bien méritée dont il jouit àFlorence, ne lui avait pas fait trop souvent préférerle séjour de cette ville à celui de sa patrie (i).
Guido n’est plus aujourd’hui ce peintre merved-leux qui, devançant d’un demi-siècle toutes lesécoles italiennes , faisait briller au firmament del’art, comme un soleil sans aurore, cette belle Ma-done de l’église des dominicains, fruit d’une inspi-ration à la fois libre et respectueuse dont le résultat
(1 ) Dans un opuscule récent, résultat de savantes recherches ,M. Gaetano Milanesi a démontré que la Madone de Guido ne peutpas être de 1221. Il explique comment cette date a été substituée àcelle de 1271, et il donne, d’après des documents authentiques,l’arbro généalogique de la famille de Guido, frère de Mino et deNeri, peintres comme lui, oncle d’Ugolino et de deux autres peintres,enfin père de Bartolomeo, qui peignait à Pérouse^n 1319. On com-prend que cette découverte jette un nouveau jour sur l’origine, jus-qu’à présent si obscure, de l’école Siennoise.
Voir Leltera storico-critica di Gaetano Milanesi, al cav. A. F. Rio,Firenze, 18S9.