A
l'art chrétijck.
grand nombre d’artistes siennois. La légère men-tion que daigne en faire Yasari ne laisse pas mêmesoupçonner l’importance de quelques-uns de leurstravaux, et cependant les vieux édifices de cettepauvre république étaient encore tous debout avecleurs décorations, et ses archives étaient la, danstoute leur authenticité, pour prouver par des dates,des noms et des indications d’ouvrages l’existenced’une école nationale au xin e siècle, et pour éta-blir ce fait avec un degré de certitude qui n’existepas pour leccrie Florentine avant l’époque où fieu-rit son vrai fondateur, Giotto ; car son prédéces-seur, Cimabue, représentait plutôt des traditionsbyzantines.
Si des noms d’artistes suffisaient pour constaterl’existence d’une école, on pourrait citer, dès lecommencement du xu e siècle, ce Piero di Lino,appelé à Rome par le pape Pascal II pour exécuter,dans l’église des Quatre-Saints-Couronnés, les fres-ques curieuses qu’on peut y voir encore aujour-d’hui, et qui représentent, dans un style supérieurà toutes les productions contemporaines, l’his-toire, si souvent reproduite, de saint Sylvestre et deConstantin. On pourrait citer, au commencementdu xm e siècle, cet Oderico qui tentait dans unebranche inférieure de l’art, dans la miniature, unpremier et timide essai d’émancipation. Mais l’unn’exerra pas plus d’influence que l’autre sur laformation de l’école Siennoise. L’impulsion extraor-dinaire que reculent alors les imaginations venait