ÉCOLE SIENNOISE.
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épurer les âmes. Quand sa mission fut finie, lesordres mendiants parurent, resplendissants de leurspropres vertus et du reflet des lumières nouvellesqui se levaient à l’horizon des sociétés modernes.La langue vulgaire était formée, le génie poétiquen’en voulait plus parler d’autre, une sève surabon-dante circulait partout, tout était mur pour la flo-raison de l’idéal esthétique, ou plutôt, pour revenirà ma première métaphore, les particules lumineuses,disséminées d’un bout à l’autre de l’Italie, se pré-cipitant les unes vers les autres par un redoublementd’attraction, donnèrent enfin naissance à deux sys-tèmes solaires, c’est-à-dire à deux écoles, à peu prèscontemporaines, munies de leurs traditions respec-tives et indépendantes l’une de l’antre ; je veuxparler de l’école Siennoise et de l’école Florentine.
Malgré les nombreux témoignages qui attribuentà Florence seule la gloire d’avoir régénéré la pein-ture, une critique plus juste et plus approfondie afait, dans les derniers temps, une part plus large àla république de Sienne, dont la grandeur politiquecomprend en effet toute la durée du xni e siè-cle , tandis cpie celle de Florence ne commencequ’avec le xiv°. Dans le temps où les artistes et leshistoriens se sont mis à recueillir des matériauxpour l’histoire de l’art, Sienne avait déjà perdu sesrichesses et sa liberté ; l’insalubrité de ses marem-mes en éloignait la plupart des voyageurs, et lespeintres lauréats des grands-ducs de Toscane étaientparvenus à faire oublier jusqu’aux noms d’un assez