INTRODUCTION.
XXV
traire ils renforcèrent de plus en plus ses attributionsen ce qui tenait au lien conjugal (.Pronuba Juno ), sansparler du haut patronage qu’elle exerçait sur la confé-dération latine ; mais tout cela ne constituait pas unidéal, et les avantages politiques et moraux que la ré-publique en retirait n’avaient rien de commun avec lanotion du beau, ni avec la culture du sens esthétiquechez les citoyens.
Ce n’est donc pas un idéal plastique qu’il faut cher-cher chez les Romains, et l’on peut regarder Virgilecomme l’interprète du dédain ou de l’impuissancede la nation toute entière, quand il a écrit ces versfameux :
Excudent alii spirantia mollius œra,
Credo equidem, etc.
Ce n’est pas non plus l’idéal de l’État, tel qu’a voulu sele figurer la philosophie allemande, et qui n’était qu’unmécanisme profondément combiné, dans l’intérêt deconquêtes accomplies ou méditées. Non, l’idéal ro-main, à la fois plus mystérieux et plus élevé, se rap-portait surtout à l’avenir; et, au lieu de se produire audehors par des chefs-d’œuvre visibles et périssables, ilse révélait au dedans par la conscience vague d’unegrande mission qui avait des intérêts éternels pour ob-jet : Imperium sine fine dedi. Cette croyance finit parprendre tellement possession des imaginations, qu’elleréagit jusque sur les traditions qui se rattachaient auberceau de la nation, et laissa son empreinte sur toutes