INTRODUCTION.
XXIII
était entouré à Rome, devait être pour lui une sourced’humiliation patriotique plutôt que d’émulation; carc’était à titre de trophées confisqués sur les vaincus,que deux des plus belles statues de Phidias, la Minerveet la Vénus céleste, figuraient, l’une sur le mont Pala-tin, l’autre sous le portique d’Octavie. Il en était demême de tant d’autres merveilles sorties des plus célèbres écoles, et transportées successivement par tousles triomphateurs qui s’étaient succédé en Grèce, de-puis Paul-Émile jusqu’à Svlla.
En voyant cette émigration en masse de dieux et dedéesses dans la capitale du monde, on se demande na-turellement si elles y trouvèrent un idéal quelconque,exerçant sur les Romains un empire analogue à celuique l’idéal de la Minerve avait exercé sur l’élite de larace hellénique; ou si, à défaut d’un idéal plastique,le peuple-roi, comme il s’intitulait lui-même, n’avaitpas dans ses institutions ou dans ses aspirations, quel-que chose pour le remplacer ; car il ne saurait y avoirde grand peuple sans un idéal qui brille, comme uneétoile polaire, au firmament de son histoire, à moinstoutefois qu’on ne veuille parler de grandeur exclu-sivement industrielle ou commerciale.
Il semblerait que le Jupiter des Grecs, tel que l’avaitconçu le génie de. Phidias, ou tel que l’avait représentéson maître Agéladas, la foudre dans la main droite et
Verrès (De Signis) : Nulla unquam civitas tota Asia et Grœcia;signum ullum, tabulam pictani, ullum denique ornamentum urbis,•?!«J voluntate cuiquam vendidit.