INTRODUCTION.
XIX
siode et par d’autres poètes plus anciens que lui, unsens profond qui n’était caché qu’au vulgaire et quiavait trait aux récompenses promises à quiconque sor-tirait vainqueur ou purifié de ses épreuves terrestres.Cette vie toute pleine de luttes contre des monstresou des ennemis extérieurs dont il triomphe, et contredes passions ou des ennemis intérieurs dont il netriomphe pas, rappelle certains héros des épopées dumoyen-âge, et la scène finale dans laquelle on voitHercule, tout fils de Jupiter qu’il est, expiant ses éga-rements par des tourments atroces, puis construisantlui-même le bûcher qui doit consommer son expiation :cette scène qui aboutit à une sorte de transfiguration,suivie d’un rajeunissement éternel (1), n’a pas besoind’une longue exégèse pour être comprise. Malheureu-sement cette dernière partie du mythe est celle qui aété le plus méconnue par les poètes et le moins exploi-tée par les artistes (2). C’est à peine si on en trouvequelques représentations sur des vases étrusques ousur des pierres gravées. La sculpture et surtout lasculpture monumentale, telle qu’on la concevait à l’é-poque dont nous parlons, s’accommodait mieux d’unidéal plus concret qui fît ressortir avant tout les quali-tés athlétiques, en donnant aux divers muscles desmembres et du tronc tout le développement compatibleavec un certain genre de beauté. C’est là le problème
(4) C'est ce que veut dire son mariage avec Hébé, qui signifiejeunesse.
(2) Voir le misérable dénoûment de l’Hercule furieux d’Euripide.