INTRODUCTION.
XVII
plus ou moins gracieuses, presque toujours renferméesdans les limites d’une décence relative, malgré les ten-tations ou plutôt l’invitation qu’offrait à l’artiste un pa-reil sujet (1). À la suite des Bacchantes, vinrent d’au-tres compositions accessoires conçues dans le mômeesprit, exécutées dans le même but. Ce fut alors quePraxitèle fut tant applaudi pour avoir sculpté sa fa-meuse statue du Satyre nu attaché à un arbre, et sur-tout pour l’avoir représenté à l’âge où la brutalité deses instincts ne faisait que poindre. On comprend, sansplus de détails, que c’était un raffinement de corrup-tion dans l’artiste et dans ses admirateurs. C’était envue du même genre de succès qu’il agrandissait lesproportions traditionnelles de l’Amour et diminuaitcelles d’Apollon, pour revêtir ces deux divinités descharmes de l’adolescence et pour offrir une pâture per-manente aux imaginations dépravées (2). Son contem-porain Polyclès trouva moyen d’aller encore plus loinque lui dans cette voie de décadence, en créant le typede l’Hermaphrodite, qui obtint alors et longtemps aprèsune popularité scandaleuse (3). Presque toutes ces sta-tues étaient exécutées en marbre, à cause du poli dontil était susceptible, et le bronze, si cher à Phidias et à
(1) Il y a, dans la cour du Belvédère, un sarcophage très-remar-quable, sur lequel ce sujet est sculpté avec une perfection rare.
(2) Je signalerai l’Apollon Sauroctonos du Vatican et colui de laTribuno à Florence. Ses statues de l’Amour adolescent sont encoreplus nombreuses.
(3) Un exemplaire de l’Hermaphrodite se trouve dans le musée duLouvre.