INTRODUCTION.
XV
en faveur d’un symbole, quelque respectable qu’il fût.
Entre tous les types de Vénus qui sont parvenus jus-qu’à nous, le plus digne de figurer à côté des chefs-d’œuvre produits par l’école de Phidias, est la Vénusde Milo, dont la découverte a rempli une lacune im-portante dans la série des productions du ciseau grec.Bien que l’artiste s’y montre très-préoccupé des formes,néanmoins le symbole ne leur est pas encore entière-ment sacrifié, et il y a dans la pose et dans le mouve-ment de la déesse, quelque chose de noble et presqued’héroïque qui fait qu’on est tenté de lui donner unautre nom. Sa date est déterminée par son caractèremême; et, comme il est impossible d’attribuer uneœuvre si parfaite dans son genre à un sculpteur de se-cond ordre, on est partagé, dans ses conjectures, entreScopas et Praxitèle, qui fiorissaient l’un et l’autre dansla première moitié du quatrième siècle avant notreère (390-340), c’est-à-dire durant la période qui vitpoindre les premiers symptômes de décadence danstous les arts d’imagination, particulièrement dans lapoésie. Sous le rapport de l’exécution technique, non-seulement la sculpture ne participa point à cette dé-cadence, mais elle atteignit un degré de perfectiondevant lequel toutes les écoles postérieures ont dûs’incliner. Il n’en fut pas de môme pour ce qui tient aubut transcendental de l’art et peut l’autoriser à se donnerla qualification de divin. Après la Vénus de Milo, vintla Vénus de Cnide, qui fut le principal fondement del’immense popularité de Praxitèle, et qui contribua