Druckschrift 
1 (1861)
Entstehung
Seite
XIV
Einzelbild herunterladen
 

XIV

lart chrétien.

par la tradition locale, quEuripidc a construit sa tra-gédie dIJippolyte, à laquelle, par un étrange renverse-ment de rôles, Racine, le poète chrétien par excellence,a donné une physionomie plus payenne en substituant,dans le principal personnage, la passion de lamour àla passion de la chasteté.

On touchait alors à la clôture du siècle auquel Péri-elès a donné son nom, Périelès surnommé lOlympienet digne assurément de ce surnom ; mais dautres lefurent encore plus que lui, et la gloire de Phidias etde Sophocle est encore plus belle et surtout plus pureque la sienne. Dans la période suivante, Part se dé-gage de plus en plus des entraves hiératiques, unepart plus large est faite au naturalisme, et Tes héros dela gymnastique supplantent peu à peu les héros de lax ) mythologie. Lidéal suprême nest plus la Minerve, en

J qui la beauté physique est en partie le reflet de la

beauté morale. Cet idéal divin est remplacé dabordpar une sorte didéal mathématique quon appelait lecanon de Polyclète, puis par un autre idéal qui, aprèsavoir passé par plusieurs phases successives, devaitaboutir à la glorification du sensualisme le plus gros-sier. Cet autre idéal, sil est permis de profaner cenom, était la Vénus, mais non plus la Vénus céleste.Le vrai sens du mythe qui se rapportait à cette divi-nité, s obscurcissait de plus en plus, sinon pour lesphilosophes, du moins pour les poètes et pour les ar-tistes, et ces derniers étaient trop asservis par les pas-sions dautrui et par les leurs, pour songer à protester