INTRODUCTION.
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vants, et l’on peut en voir la preuve sur plusieurs tom-beaux antiques conservés à Rome, particulièrementsur le grand sarcophage du Capitole, qui, bien qu’exé-cuté à une époque de décadence, surpasse pour lapoésie de la composition et môme pour le]travail duciseau, bien des œuvres d’une date antérieure à lasienne. Cette supériorité se fait surtout remarquerdans les Amazones captives qui servent de couronne-ment à tout l’ouvrage, et sur lesquelles le regard duspectateur s’attache avec d’autant plus d’intérêt queni leur attitude contrainte, ni la tristesse empreinte surleurs visages ne leur a rien ôté de leur beauté.
On peut regarder le type de l’Amazone comme unetransition adoucie entre le type de la Minerve etcelui de la Vénus; et s’il fallait nommer un poète quireprésente, au moins approximativement, celte transi-tion, je nommerais Euripide qui a exploité beaucoupplus qu’on ne le croit communément le côté religieuxet sévère des traditions nationales, tout en déclarant laguerre aux absurdités mythologiques. Faire de l’Ama-zone une héroïne de tragédie était extrêmement diffi-cile, à cause de sa vocation exclusivement guerrière,et du peu de prise que donnait son genre de vie, soitaux affections domestiques, soit aux passions tragi-ques proprement dites; mais on pouvait en supposerune tombant au pouvoir de son vainqueur, subissanttoutes les conséquences de l’esclavage et transmettantà un fils, qu’elle enfante malgré elle, toute la rudessede sa vertu sauvage. C’est sur cette donnée, fournie