XII
l’art chrétien.
ce genre de décoration. De plus, il y avait dans le ca-ractère de l’Amazone un élément qui n’était pas misenjeu, quand on se bornait à la placer sur un piédes-tal; c’était sa bravoure dans les combats, combats nonmoins imaginaires que ceux des Géants contre Jupiter,mais qui n’en étaient pas moins un sujet de prédilec-tion universelle. Pour lui donner tout le charme ettout le développement dont il était susceptible, on lesculpta sur la frise des temples ou sur les métopes, etces sculptures en bas-relief, dont plusieurs se sontconservées jusqu’à nos jours, ne sont pas moins mer-veilleuses dans leur genre que les statues de grandesdimensions, dues à l’école de Phidias. Cet éloge s’ap-plique surtout aux bas-reliefs de la frise du temple dePhygalie, et l’on voit, à la perfection de l’œuvre dansses moindres détails, que son auteur y avait travailléavec le génie d’un grand artiste et la verve d’uncroyant (1). Par une délicatesse exquise dont les Athé-niens seuls étaient capables, toutes ces prétenduesvictoires remportées par leurs ancêtres sur les héroïnesdu Thermodon furent toujours représentées avec unesorte de respect chevaleresque pour les vaincues, etl’on dirait que c’est à leur gloire bien plus qu’à celledes vainqueurs que tous ces monuments ont été éle-vés. Ce qui avait été générosité chez eux se perpétuacomme une tradition de bon goût dans les siècles sui-
(I) Ces bas-reliefs qui appartiennent à la meilleure époque de l’artgrec, furent transportés en Angleterre en 1814 et font aujourd'huipartie de la collection du Musée Britannique.