INTRODUCTION.
XI
spectateur; et cependant il y a des réparations faitespar un ciseau moderne, et les deux bras ont été restau-rés par conjecture! Que serait donc cette œuvre, sanstoutes les mutilations qu’elle a subies, et quel ne dutpas être l’enthousiasme des juges et du peuple toutentier, quand l’original fut exposé devant eux pour lapremière fois? C’était quelque chose de plus suave etde plus humain que l’idéal de la Minerve, et par con-séquent plus approprié aux tendances qui commen-çaient à se manifester, du vivant même de Phidias,dans l’école d’Athènes, tendances personnifiées dansPolyclètc, le plus jeune de ses rivaux, et dont le nomfut proclamé, avant le sien, dans le concours dontnous venons de parler.
C’est à cet événement si mémorable dans l’histoirede la sculpture antique, qu’il faut faire remonter lavogue prodigieuse du mythe des Amazones, soit dansla décoration des temples, soit dans l’ornementationdes tombeaux. Non-seulement les copies de ce quonavait le plus admiré se multiplièrent a l’infini, maisbientôt on ne se contenta plus de statues isolées, onvoulut avoir des groupes plus ou moins nombreux et,en quelque sorte, des légions d’Amazones; cai on n encomptait pas moins de cinquante, de grandeui natu-relle, sous le portique du temple de Diane, à Éphèse,placées là comme les chastes gardiennes dun sanc-tuaire consacré à une déesse pour qui la chasteté étaitla première des vertus.
Mais tous les édifices religieux ne se prêtaient pas à