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l’art chrétien.
fondée sur la perfection qu’il venait de donner au typede la Minerve, lequel offrait plus d’analogie qu’aucunautre avec celui de l’Amazone. Mais cette fois l’attentepublique se trouva trompée, parce que le génie dugrand sculpteur, plus familiarisé avec la majesté qu’a-vec la grâce, ne put pas donner à sa statue tout lecharme qu’exigeait le goût difficile de ses juges. Il nes’agissait plus de sculpter une divinité imposante, objetd’un culte national, mais une créature à la fois belleet forte, douée de toutes les qualités viriles, sans avoiraucune des faiblesses de son sexe, et conservant, dansses habitudes guerrières, la délicatesse des formesjointe aux attraits de la pudeur. Phidias avait repré-senté son Amazone prenant son élan, en s’appuyantsur sa lance, ce qui n’était pas le côté le plus poétiquede son sujet (1), tandis que Ctésilas, son concurrentcouronné, eut l’idée, bien autrement heureuse, de re-présenter la sienne comprimant une forte douleur phy-sique ou morale, mais la comprimant de manière à nenuire en rien à la beauté des formes ni à l’harmoniedes lignes, line très-bonne copie de ce chef-d’œuvre,alors tant admiré, se trouve dans le musée du Vatican,et il y a plus d’une statue dans le Belvédère qui devraitlui céder sa place. Toute l’expression est concentréedans le visage, et il y a dans ce mélange d’héroïsme etde mélancolie quelque chose qui émeut et enchaîne le
(I) Une copie, au moins approximative, de cette statue de Phidiasse trouve dans le musée du Vatican.