INTRODUCTION.
IX
ditions relatives à son culte, ne ressemble-t-il pas à desrayons affaiblis ou dispersés d’une révélation primitive?Or, c’était en opérant sur ces matériaux et en se laissantinfluencer par eux, que l’artiste dont nous parlons de-vait concevoir et réaliser son type favori. Le problèmeà résoudre était la fusion de deux idées corrélatives,l’idée d’éternelle sagesse et celle d’éternelle beauté,mais d’une beauté qui fût pour ceux qui la contem-plaient une cause de recueillement autant que d’admi-ration. C’est en effet ce qu’on éprouve en présence dela Minerve de Phidias. L’extrême pureté qui respiredans la pose, dans les traits et jusque dans les moindresdétails, montre assez que l’artiste avait compris et vou-lait faire comprendre aux autres que la chasteté estmère de l’intelligence et de la force. On dirait qu’il sefût inspiré de ce beau verset du livre de Judith :
Et confortalum est cor tuum eo quoi castitalem amaveris.
Ces paroles peuvent également s’appliquer à un autremythe qui joue un rôle important dans l’histoire del’art grec, et auquel l’école de Phidias emprunta unautre type de prédilection; je veux parler du type del’Amazone, exploité à l’envi par les poètes et par lessculpteurs, et si populaire parmi les Athéniens qu’ilsouvrirent un concours solennel auquel furent invitésindistinctement tous les artistes de la Grèce. 11 semblaitque le résultat n’en pouvait être douteux, puisqu’undes concurrents était Phidias lui-même, alors arrivé àl’apogée de sa gloire, et que cette gloire était surtout